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mercredi, 17 mars 2010

D'une langue à l'autre

C'est finalement plus simple:

http://shanghai-haishang.hautetfort.com/

23:07 | Lien permanent | Commentaires (4)

lundi, 08 mars 2010

Le nom de Shanghaï - La Ville en surplomb de mer

De création récente, il y a mille ans la mer occupait l’espace où s’est fondée la ville, qui expérimente une expansion pratiquement continue depuis 150 ans. Les Song du Sud créèrent un réseau de canaux de dérivation afin de réguler les crues du fleuve. Témoignage de ce passé gagné sur la mer, la toponymie de la ville, et les grands édifices enfonçant peu à peu certains quartiers.

 

ville possèderait également un nom littéraire, par la truchement d’une simple inversion des syllabes, Haishang, ou de l’art envisagé comme le miroir vif-argent d’une ville. Il y aurait donc deux niveaux de promenades, selon que la ville serait considérée selon un angle artistique ou non.

 

De la Ville de l’Intérieur des Terres à la Ville Surplombant Mer. Le contraste sera prononcé. Les limons d’un plus beau vert remplaceront les neiges jaune et bleu des montagnes ; des façades de palais pour des gratte-ciels, un climat de sécheresse pour une saison de pluies torrentielles et de typhons.

 

Ville en surplomb, en encorbellement au-dessus de la mer, ville aérienne et aiguë, cerf-volant urbain et tentation de Babel, de s’élever au-delà des nuages.

 

21:36 Publié dans Shanghai | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 07 mars 2010

L'idée de Shanghaï

Shanghai aujourd’hui c’est encore l’idée de Shanghai. Connaître Péquin mais n’être jamais allé à Shanghai. C’est très proustien, cette « idée d’un lieu », idée de l’église de Balbec, de Venise.

 

Des lectures et des amis qui s’y sont rendus, on s’imagine que c’est là l'espace de la démesure, la nouvelle gloire urbaine, nourrie de la faiblesse de la dernière dynastie chinoise, meurtrie par les Japonais et les partisans de Mao, aujourd’hui le fleuron de la nouvelle Chine, enfant favori des réformateurs depuis Deng Xiaoping. Une mégapole de vingt millions d’habitants où les traces anciennes disparaissent sous les coups des promoteurs immobiliers.

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lundi, 01 mars 2010

A Shanghai

Variées sont les nourritures qui alimentent les tentations d’écrire. L’une d’elles est de s’en aller résider dans une ville étrangère, car on se sent envahi d’une gloire vaine à graver l'étonnement de la découverte, étonnement d’autant plus senti que les nouveaux lieux sont singuliers et les circonstances exceptionnelles.

Shanghai ! Shanghai accueille une Exposition Universelle durant six mois. La Ville y a bâti un pavillon, un pavillon de bambou où se dévoiler aux badauds asiatiques et où porter ses pas durant quelques mois.

Shanghai ! Shanghai c’est aussi la tentation infructueuse d’apprendre le chinois, mais c’est l’apprentissage plus heureux de sa culture et de sa civilisation.

Shanghai ! Shanghai c’est à nouveau le départ, l’euphorie des nouveaux lieux et des nouvelles têtes ; c’est habiter –dit-on- l’une des villes les plus dynamiques du monde.

Le départ ? Dans un mois environ, le temps de terminer l’une et l’autre tâche, de revenir à Bruxelles pour y formuler un long au revoir, de profiter des dernières soirées en Ville.

Il était temps. N’avoir plus rien à raconter, c’était une certaine sclérose de l’esprit, d’autant que le français, après plus de dix ans en Espagne, et malgré –ou à cause- de la lecture des classiques, commence elle-même à devenir une langue d’une autre époque, une langue de civilisation ancienne. De hecho, tendría que empezar a escribir en castellano. ¿Empezar una versión bilingüe ?

Le dernier billet remonte au printemps de l’année dernière. Un retour de Lisbonne très décevant, certaines désillusions. Le brouillon d’un billet jamais envoyé, sur Majorque. Quelle importance ?

22:47 Publié dans Shanghai | Lien permanent | Commentaires (2)

mercredi, 25 mars 2009

A Lisbonne, thébaïde annuelle

Après avoir plongé dans les opus délétères de Barbey d’Aurévilly, il est difficile de retrouver un pas ferme et de ne pas considérer ses contemporains avec circonspection, de ne pas souhaiter les traiter avec parcimonie et mesure. On demeure choqué des contrastes, de l'invincible dichotomie, angélique, diabolique. Il fallait vraiment le délaisser avant de se rendre au Portugal.

 

Car les journées possèdent déjà des aspects de belles plages estivales, et même les hautes heures de la nuit sont douces. Aussi, il était temps de partir pour Lisbonne, thébaïde annuelle ou pèlerinage aux sources de la liberté et de la découverte de soi, des premières déceptions et  des premières confrontations de l’espérance avec l’expérience, élément destructeur et rénovateur s’il en est.

 

La ville de bord de mer se partageait entre l’air marin du large et les fragrances capiteuses de certaines plantes en fleur, les glycines, les jasmins, mais surtout les orangers. Ravissement de manger sous un oranger rayonnant de fruits et de fleurs !

 

Malgré l’aspect répétitif des escales lisboètes, il y eut quelques nouveautés, comme de se retrouver en compagnie d’amis madrilènes, de croiser une connaissance bruxelloise, même si les décors sont connus, comme le musée Gulbenkian ou la fondation Espirito Santo. Il faisait aussi trop grand soleil pour parcourir les musées, même si leurs fenêtres étaient grandes ouvertes sur le large. Non, il fallait s’alanguir sous les palmiers d’une haute terrasse.

 

C’était aussi, sur un banc de pierre blanche, entre la ligne du monastère des Hiéronymites et la rive du Tage, le moment de faire un retour en arrière, anciennes chansons vaguement fredonnées, anciens préjugés et anciennes espérances. La déraison du regret.

 

 

13:54 Publié dans Lisbonne: allées et venues | Lien permanent | Commentaires (2)

lundi, 16 mars 2009

Le « clair de lune » des gens

Il est aussi temps de relire les classiques. Il faudrait choisir une dizaine d’auteurs et les relire tous les quinze ou vingt ans. Tous les vingt ans, sans doute, cela paraît plus solennel. Ainsi, redécouvrir Barbey d’Aurevilly, et se laisser nouvellement surprendre par la richesse du vocabulaire, la description byzantine ou carthaginoise de la Femme, et cette lenteur si féline du discours. Certainement, les personnages décrits, comme Maulévrier, ressemblent plus à nos contemporains que les héros de Sense and sensibility.

 

La lecture influence l’existence, ou plutôt le type de roman déborde sur les heures suivantes, ainsi du chapitre juste terminé avant de connaître les nocturnes et en posséder certains écarts. Aussi, après un Amour impossible, où s’affrontaient de manière délétère des personnages aux noms de famille repris de lignées éteintes décrites par Saint-Simon, agrément de se promener en Ville en tentant les prouesses d’affectation décrites dans les pages parcourues un moment auparavant (malheureusement, n’est pas un personnage aurévillien qui veut, surtout, ou même si la timidité accompagne l’attitude).

 

S’il existe un « clair de lune des mots », selon les termes d’Aurevilly, quand « coquetterie » désigne un mot plus senti, il existe également un clair de lune des gens. Cela devenait flagrant lors des confessions de comptoir qui accompagne toujours les sorties en compagnie de qui l’on pourrait nommer l’amant malheureux. C’est d’ailleurs un exemple assez curieux d’amour et de désamour qu’il se complaît à raconter par le menu auprès d’un tandem de fashionables dévoués à l’écouter et le plaindre : comment, durant six mois, il se laisse désirer, et comment, depuis environ six mois, il est devenu celui qui désire et qui se retrouve en face d’un Noli me tangere tout teutonique, où se décèle des pointes de sadisme et de fierté de race. Les implications et les dérivations psychologiques pourraient être intéressantes pour qui voudrait décrire une relation placée sous une vaporeuse cruauté des sentiments. C’est également connaître l’historique de sa vie amoureuse, placé sous le signe du jeune homme entretenu, parce qu’à l’entendre il aurait reçu l’hommage de personnes assez fortunées pour lui permettre de fouler les palaces de ce monde et de savourer les cuisines les plus gastronomiques. Et il est facile de le croire, car il est de ces personnes qui inspirent un élan physique difficilement maîtrisable.

 

Egalement, se rappeler l’appartement superbe où il loge, au plus haut sommet de la tour de Callao, qui surplombe Madrid, les plaines et les montagnes avoisinantes comme le château d’un galion au-dessus d’un malstrom. Son logement est le seul lieu envisageable comme décor pour une histoire d’amour, les vues des baies y prolongent l’étreinte et les fenêtres en hublot donnent l’impression d’un voyage vers une Cythère aérienne.

 

Le connaître est donc devenu l’occasion de se retrouver dans le rôle du témoin. La première vision de lui causa un choc, d’ailleurs, le voir si imposant au-dessus du public, sa timidité lui donnant un aspect alarmant, chemise blanche et pull bleu marine sans manche, mince, terriblement ibérique, à laisser entraîner l’imagination à des fantaisies de beau ténébreux. Mais la nuit le fit dériver dans d’autres lieux. Le revoir au début du printemps au consulat d’Italie pour une fête AD, accompagnant la jeune fille au bandeau, le soir même où il croisait et lutinait le Teuton. Le revoir quelques jours plus tard lors d’une fête d’anniversaire d’un ami commun, quand commençaient les six premiers mois, la phase ascendante où il lui était gré de se laisser désirer. Le croiser à Ibiza, à l’apex de sa relation, contraire saisissant du blond et du brun, une étoile double qui guidait nos nuits à travers l’île harassante de désirs et de désordres. Deux ou trois semaines plus tard, ils rompaient. Aussi, depuis lors, durant ces six derniers mois, c’est devenir l’auditeur compatissant et le croiser lors d’une fête ou dans la rue et se muer en confident involontaire de ses déboires et de ses désillusions, c’est maintenant s’appeler pour sortir ensemble et servir de témoin aux derniers soubresauts des regrets et aux premiers signaux de l’oubli, dans l’intérêt pour une personne qui le croise et lui sourit. Est-ce le désirer ? Sans aucun doute, mais avec le plaisir de ne pas devoir résister, sachant qu’il est difficile, peu conseillable et finalement fastidieux au tiers de devenir acteur.

13:50 Publié dans Ecoutes et Lectures, En Ville, Nocturnes | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 03 mars 2009

Les premières matinées de printemps

Les lieux eux-mêmes ne changent pas, la saison leur est pour le moment fidèle. Malgré cela, un des antres à la mode, le Gift, possède de plus en plus la faveur du public, même s’il est hanté par les ci-devant trends followers, un établissement assez vaste, très 2001 l’Odyssée de l’Espace, au parois blanches et aux lumières changeantes. Assez étrange de s’adresser à un visage rouge qui vire soudainement au bleu ou au jaune. Les conversations, nulles par elles-mêmes, et les étiquettes de cour de province balayée par les invasions barbares, y sont rehaussées par un esthétisme de space opéra. Et pourquoi ne pas imaginer un vaisseau spatial qui nous guiderait, insouciants et luxurieux, vers d’autres galaxies ?

 

Entre-temps, si lentement, le soleil commence à marquer de nouveau les pas de danse de nos propres mouvements. Entendre le champ d’un merle dans la cour intérieure. Impression de fouler une coulée précieuse, une allée pavée de métal rare par les riverains pour recevoir le cortège d’un prince fabuleux qui leur ferait l’honneur de passer entre leurs demeures, des tapisseries splendides sont appendues aux façades. Se diriger, être irrésistiblement attiré vers la droite, là où le soleil se lève. Tout est rendu éblouissant. Des vannes avaient été ouvertes plus loin pour nettoyer les trottoirs, et un flux puissant, aux reflets diamantins, coulait dans les rigoles. S’il fallait adopter une époque historique pour cette belle heure de la matinée, choisir une période byzantine, non pas celle de la gloire justinienne, ni celle du Bulgaroctone, mais une époque antérieure à l’Empire latin, quand l’Egypte est déjà perdue, la Cappadoce menacée. Cependant, jamais dynastie de Constantinople ne fut plus assurée, jamais tant de princesses porphyrogénètes naquirent dans les gynécées de pourpre du palais impérial, pour être données aux princes barbares récemment convertis. Il faudra trouver le nom d’un empereur et le dédier aux matinées de la Ville.

 

Le soleil apparaît, oblique, dans la rue qui glisse vers le Prado et qu’il faut emprunter pour se rendre au palais de Cybèle, dont la façade principale est enfouie sous les travaux de rénovation.  C’est toujours un émerveillement de Jardin des Hespérides. Il faut éviter les boulevards, emprunter les rues historiques aux pavés branlants, traverser les places couvertes de platanes dénudés où les serveurs ouvrent les rideaux de fer avec fracas, éviter les files des immigrés qui tentent de régulariser leurs papiers officiels auprès de l’administration locale, marcher plus lentement auprès des mendiants qui s’éveillent d’entre leurs cartons, contourner les aveugles qui pénètrent dans un édifice de la ONCE aux tic tic graciles de leur fine canne blanche, et les chasseurs et les clients du Palace et du Ritz, et les gardes du corps, les agents de sécurité, les policiers vêtus de leur uniforme nuit et jaune, les huissiers – et le plaisir de les nommer « ordenanzas » ou « mozos » !-, des ouvriers qui installent une immense verrière pour couvrir le patio du palais ; se rendre compte que la Ville, c’est cela maintenant, cette habitude matutinale, jour après jour, saison après saison.

07:54 Publié dans En Ville, Nocturnes | Lien permanent | Commentaires (2)

lundi, 02 mars 2009

Les contrastes, toujours

Et depuis lors, tandis qu’une amie visite les camélias des serres de Danemark, déserte la péninsule à la recherche des aurores boréales aux larges des côtes arctiques, maintes autres fêtes, maintes autres occasions de sortir, de s’amuser, de se perdre, de retrouver des amis, de créer de nouvelles sympathies, de se séparer et d’oublier. Etrangement, il n’est jamais trop tard pour apprendre, au contraire, l’expérience permet d’alambiquer, de condenser, raffiner la sensualité, la lier à la lecture de Jane Austen, à cette tension polie, et la sauvagerie courtoise, se délecter des contrastes et les rendre plus radicaux. Plaisanter quand on songe aux espérances d’antan, quand on relit The lost girl, de Lawrence, sourire également quand un jeune homme demande (de taille médiocre mais bien bâti, les cheveux coupés d’une manière assez démodée, acteur américain des années quarante, qui aime lire les lignes de la main, les lèvres charnues):

- ¿Te importa si solo dormimos la primera noche ? Para mí eso significaría mucho,

quand le lendemain, après avoir fendu et dévoré la chair de l’une et l’autre graines de tournesol, d’autres chairs sont si simplement offertes.

 

Se rappeler de cette opinion de Justine à Clea, dans le Quatuor d’Alexandrie :

 

“Je ne suis pas bonne à grand’chose, vous savez. Arnauti disait que je ne sais donner que la tristesse. Il m’a ouvert à mes sens, et m’a appris que rien ne compte, hormis le plaisir

-qui est le contraire du bonheur, son côté tragique, je suppose”.

08:32 Publié dans En Ville, Nocturnes | Lien permanent | Commentaires (2)

jeudi, 26 février 2009

Neiges

Par contraste aux dernières chaleurs de l’Eté castillan, souvenir de deux paysages de neige très différents. Le plus beau spectacle fut celui du fleuve Angara, qui coule le long de la ville sibérienne d’Irkoutsk. Tout était blanc, plutôt, tout était opale. Opalescent, car le fleuve fumait entre deux rives immaculées et le soleil perçait, et les volutes de brume se congelaient sur les arbres, sur les quais, des cristaux de glace scintillaient comme les paillettes d’une fête céleste dont les reliquats retombent sur nous, pauvres êtres humains. On aurait dit Saint-Loup traverser les salons de l’hôtel de Balbec.

 

En revanche, le lac Baïkal n’était pas encore pris par les glaces : teintes sombres entre des montagnes neigeuses, un saphir ténébreux.

 

Le second paysage enneigé fut découvert au Connecticut. Les paysages de Nouvelle-Angleterre autour d’une bourgade nommée Lichtfield étaient vraiment surprenants. Collines élégantes où se déploient de grandes maisons de bois. Les routes sinueuses menaient aisément à la City. 

 

Caminas por senderos blancos con pasos suaves y lentos. El olor de la última nieve caída durante una noche de luna llena vibra alrededor. Brinda tonalidades jaspeadas al blanco que te rodea y que anega el horizonte para fundar una alianza entre el cielo y la tierra.

 

Distingues de repente un campo pulido, cristalino, debajo de un bosque de abedules.  El roce de la nieve que pones sobre la cucharita de plata la recubre diestramente – un alambique inmediato - de partículas de condensación. Son aljófares que nacen y centellean de una irisación virginal. Sirven para adornar la cabeza de una diminuta princesa con una diadema de azogue y perlas.

 

El frío de la corona despierta la princesa de su letargo opalescente, abre sus ojos que adornan dos profundos azabaches y estira sus alas de nívea libélula. Garabatea alegre un verso entre los copos que revolotean de repente al compás de su baile. Pero nieve hasta su olvido y del verso sólo recuerdas el resplandor fugaz de una daga desvainada que sumaba todas los matices de la nieve, desde las gemas de las salinas hasta el nácar de conchas árticas.

 

Hélices azoradas - Sigues caminando en equilibrio entre las piedras hendidas y tus pasos se desvanecen despreocupadamente entre cielo y tierra sobre una página de caligrafías desleídas -

 

Pourquoi ces voyages à New-York et au Connecticut? Julien s’est tout simplement entiché d’un Américain. Cela permet au “meilleur ami” d’être souvent invité. Image géniale d’un ours noir traversant le jardin tandis qu’un cocktail était servi sur une terrasse surplombant la pelouse.

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mercredi, 25 février 2009

ARCO 2009

La foire annuelle d’art contemporain, dédiée cette édition à l’Inde, est l’occasion de considérer les productions de jeunes artistes du sous-continent, les emplacements de galeristes de renom, mais aussi – mais surtout ?- de se rendre en Ville d’un cocktail à l’autre. Le premier de la série eut lieu au palais de Miraflores, sous le prétexte d’inaugurer une exposition intitulée « Récits indiens du XXIe siècle, entre la mémoire et l’histoire », présenter plusieurs artistes et offrir des impressions disparates.

 

arco2009.JPG

 

L’une des fêtes les plus prisées était celle de Sotheby’s, au Ramses, où il y eut véritablement presse. Le site est réellement « bling bling », modelé par Philippe Stark et l’un des endroits réputés les plus courus du moment. A vrai dire, il laisse assez froid, le premier moment d’amusement passé. Y retourner relève de la mise en scène. Du moins, à l’occasion de la fête, y rencontrer des gens de connaissance, jeune fille au bandeau –toujours-, jeune fille au polo, tel ami infatué de présenter d’autres personnes…, y croiser des amis permettait d’éviter le sentiment d’étouffement et d’être insupporté par les plaintes et les commentaires des autres personnes. Le bar semblait être pris d’assaut comme pour une célébration estudiantine. Le champagne servi dans des calices vermillons donnait une note Dame aux Camélias et les serveurs tentaient de passer les plateaux entre les groupes serrés. L’endroit est situé en face de la Porte d’Alcala, monument néoclassique qui faisait office de porte d’octroi au XVIIIe siècle. Au-delà, le parc du Retiro.

 

Le même soir, une fête bien plus amusante, au Gift, sous le thème « une nuit d’amis, de musique et d’art ». et véritablement l’impression d’ambiance aura été très agréable, se retrouvant derrière les pas de l’un et l’autre compagnon de l’événement précédent, en rencontrant d’autres, afin que la nuit ne termine pas.

15:40 Publié dans En Ville | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 24 février 2009

Francis Bacon au Prado

Autre contraste avec les lectures de ces derniers jours, la visite de l’exposition consacrée à Francis Bacon au Prado. La démarche aura été moins éprouvante que prévue. Il faut sans doute malheureusement mettre cela sur le compte de l’assuétude aux malheurs contemporains, les thèmes décrits par Bacon ne choquent pas, parce qu’ils deviennent familiers, ou que la sensibilité est trop caparaçonnée pour encore s’émouvoir. Aussi, le cadre magistral du Prado, mais surtout les références classiques du peintre, ses réinterprétations du portrait d’Innocent X de Vélasquez, sa prédilection pour les œuvres en triptyques,  les grands formats, les cadres dorés qui entourent la plupart des tableaux, sa fascination pour les photographies anatomiques d’Eadweard Muybridge ; ces divers éléments donnaient une impression de continuité, somme toute, dont la filiation  pourrait se retrouver dans la période noire de Goya, ou certaines décollations de Saint Jean Baptiste, d’Holopherne. D’autant qu’après avoir terminé l’exposition, s’attarder un moment dans celle qui est consacrée à la statuaire antique de l’Albertinum

 

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Il y avait surtout un tableau, d’une taille assez médiocre comparée aux autres œuvres exposées, qui était particulièrement « gracieux » : fond noir, homme levant les bras comme un fantôme blanc, carré géométrique l’enfermant, paraissant prêt à se lancer dans une eau abyssale et glacée. Ou comment le désespoir devient esthétique. Et celui-la: 

 

fbacon2.jpg

 

19:59 | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 23 février 2009

les graines de tournesol du dimanche soir

Il est très curieux de venir d’un pays où les gens n’ont de cesse de râler quand le temps est mauvais, et résider dans un pays où de longues semaines de pluie, même si elles entament le moral, sont vues comme une bénédiction. A chaque journal météorologique suit l’état des niveaux des lacs de retenue. Aussi chaque journée niée par la pluie se retrouve comme « adoubée » par la satisfaction de savoir que le pourcentage de l’eau des barrages augmente, et assurera un été paisible.

Cela donne également une vision différente de la Ville, quand les nuages assaillent le ciel, défilent rapidement au-dessus des frontons, nient les montagnes avoisinantes et déversent une quantité d’eau et de vents qui fait que les gens restent chez eux. Occasion de relire Splendeurs et Misères d’une courtisane, et la scène de la mort de Lucien de Rubempré. Selon Charlus :

 

Et la mort de Lucien! Je ne me rappelle plus quel homme de goût avait eu cette réponse, à qui lui demandait quel événement l’avait le plus affligé dans sa vie : ‘La mort de Lucien de Rubempré dans Splendeurs et misères.’

 

Ensuite, redécouvrir les romans de Jane Austen. Sourire aux règles surannées auxquelles étaient astreints les jeunes filles et les jeunes gens, et comparer leurs occupations aux heures nocturnes de la Ville. A première vue, les mœurs des personnages du Dit du Genji paraissent moins éloignées que celles de la gentry anglaise du XIXe siècle. L’agrément des contrastes, comme par exemple lire les atermoiements des sœurs héroïnes de Pride and Prejudice, et se rendre ensuite dans ce qui devient le rendez-vous à ne manquer sous aucune prétexte du dimanche après-midi dans la Latina, un bar qui ne paie pas de mine, mais où se retrouve des gens assez divertissants, accueillants et particulièrement aimables après quelques verres. Y discuter en compagnie d’un pseudo anarchiste et refaire le monde tout en buvant de la bière et en grignotant des graines de tournesol grillées.

19:56 Publié dans Nocturnes | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 22 février 2009

Revoir la jeune fille au bandeau

Revu la Jeune Fille au Bandeau en son palais, où est montée une exposition consacrée à Guantanamo, qui connaît un succès énorme, étant donné les dernières péripéties quant à ce lieu (y aura-t-il un nouveau Piranèse ?).

 

 

 

Guantanamo Museum 1.jpg

 

 

Le visiteur s’y retrouve dans la position du voyeur, ou comment Guantanamo choque, mais de loin. Une vidéo représente une jeune fille vêtue d’une robe taillée dans un treillis, tenant en laisse un chien habillé d’orange, comme un détenu de Guantanamo, et faisant du shopping dans les rues de la Milla de Oro de la Ville ; la jeune fille blonde, belle singulièrement, se rendant chez Loewe et Carolina Herrera, le chien perdu entre les paquets. Faut-il en arriver là pour arriver à choquer, encore ?

 

Revu a une autre occasion la jeune fille au bandeau, lors d’une fête organisée par la famille Missoni. Le patio du palais était illuminé, et le bel étage servait d’espace pour une fête patronnée par Bombay. Des danseurs vêtus en Missoni des pieds à la tête entamaient des ribambelles saugrenues entre les personnes invitées. Des courts-métrages défilaient sur les murs blancs, d’autres danseurs. Accompagné d’une amie américaine qui connaissait des relations de la famille, à Los Angeles, aussi ce furent des présentations accompagnés d’exclamations de joie, et ces fameux name dropping et ces récits de voyages de villes en villes qui donnent à sourire.

 

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Un couple d’amis était également présent. Ils étaient très unis à Ibiza l’été dernier mais aujourd’hui leur union bringuebale. L’un demande pardon à l’autre, qui le fait espérer depuis plusieurs mois. Aussi, être le confident involontaire du premier – plus d’un an après avoir été l’amant du second…-, est un exercice plutôt curieux, une sorte d’apprentissage. Mais apprendre quoi ? Que l’on fuit ce qui est attiré par nous, et que nous recherchons qui nous ignore ? N’est-ce pas assez appris ? Faut-il envier ou ignorer ces désordres amoureux ? 

 

C’est cela dit assez agréable de les écouter, d’autant que celui qui se plaint, qui gémit, est particulièrement aguichant et qu’il aime boire et sortir, et que les gens se retournent à son passage. Egalement, le récit de ses incertitudes sentimentales ont pour endroits les endroits les plus divertissants mais surtout son studio, qui surplombe la place de Callao depuis sa plus haute tour et qui donne à toute conversation un hiératisme propre à une messe de Stravinsky. C’est que l’appartement est situé au dernier étage et permet, à mesure que l’on fait le tour des pièces, une vision de 360º de la Ville, et au-delà, par de grandes baies ou des fenêtres en forme de hublot. 

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mercredi, 11 février 2009

Nouvelles saveurs

Aussi, retourner en Ville ne fut pas un exercice facile, d’autant que le climat est rigoureux, les neiges se sont avancées jusque dans les faubourgs et le vent rend les rues désertes.

 

Une diversion, néanmoins, Madrid Fusión, où comme chaque année des créateurs présentent leurs dernières œuvres, où l’on débat sur la « Haute cuisine pauvre – imagination en temps de crise » (sic), mais aussi sur les trompe-l’œil culinaires et le néonaturalisme gastronomique.

 

Etrange de croiser des dieux de la haute cuisine et de considérer les airs de respect des jeunes chefs et d’une grande partie du public, la suite des journalistes les interrogeant et les flashes des photos quand deux démiurges se croisent et commentent un vin ; Arzak, par exemple, comme s’il s’agissait de l’arrivée de Bacchus entouré de ses suivants. Sapidités bizarres, cocktails somptueux. Et d’autres noms prononcés avec ferveur, non retenus, qui élèvent la cuisine au niveau de l’art… ce qui la rend quelquefois inconsommable et provoque des controverses quant à l’innocuité de la cuisine moléculaire.

 

Nouvelle saveur, également ; un jeune danseur croisé au gymnase, corps blanc aux membres bien dessinés, interprétant des œuvres, notamment sur une musique de Debussy, se partageant entre le Japon et la Ville, de mère vénitienne.

 

Sinon, la Ville est toujours encerclée des neiges et elle croule sous les pluies. Aussi les sorties sont-elles plus espacées, les rues s’en trouvent étrangement calmes, les regards moins intenses, et les corps inclinés et occultés sous des épaisseurs de vêtements n’éveillent pas le désir.

 

 

 

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mardi, 10 février 2009

Ruskin

Venise serait un des ultimes réceptacles de la gloire de Byzance, elle s’en enorgueillit d’ailleurs, elle s’en pare dans l’exhibition de ses rapines, ou de ce qui lui en reste, et dans l’alliance des familles inscrites dans le Livre d’Or avec la race porphyrogénète, elle le proclame dans ces façades de style dit vénéto-byzantins si apprécié par Ruskin. La meilleure manière de se rappeler les promenades vénitiennes est de relire les Pierres de Venise, et de s’étonner de ses prises de position contre les œuvres de la Renaissance en général, et contre Palladio en particulier. Les arguments sont curieux, « affectueux ». 

 

 

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