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jeudi, 19 janvier 2006
Changement de rumb
Une des raisons de la tristesse actuelle est qu’un événement que je redoutais eut lieu. Deux amis se sont séparés après quelques années de connaissances communes. L’un d’eux me tirait la tête depuis quelques semaines et je me doutais que l’une des explications devait résider dans une certaine mésintelligence entre eux deux –je suis bien plus ami de l’autre-, une mésentente qui se traduit aujourd’hui par la séparation. Cela me chagrine en soi, mais aussi par pu égoïsme parce que l’un ne veut plus me rencontrer et je ne verrai plus souvent mon ami descendre sur Madrid.
Ces séparations sont pénibles pour tout le monde et font penser en version personnelle aux renversements d’alliances entre Etats, chacun prenant position en fonction de l’histoire commune, des traditions ou des simples affinités. Aussi les prochaines semaines seront l’occasion de considérer l’établissement de nouvelles ligues. Filiberto, que j’estime beaucoup, a heureusement pris les dispositions et émis les déclarations d’usage afin que cette modifications ne porte pas atteinte à notre amitié. Nous avons dîné ensemble hier, à la manière de deux diplomates entendant entériner une alliance mineure quand la coalition majeure fait défaut.
Voisin préféré est délicieux, mais il possède un défaut. Quand ses amis se portent comme un charme, il ne s’occupe presque pas d’eux. Si je veux recevoir de ses nouvelles, je dois prétexter un accès de mélancolie –ce qui n’est en soi pas difficile. Aussi, lui annoncer la séparation déclencha en lui ce mécanisme que l’on pourrait qualifier « altruisme du Saint-Bernard », qui l’entraîne à prendre fréquemment de mes nouvelles, être moins acide, me proposer des sorties nocturnes, ou m’offrir des livres.
Les sorties nocturnes se ramènent bien souvent à deux endroits, où les habitués se rendent de l’un à l’autre en fonction d’une coutume qui paraîtrait immémoriale. J’y croise quelquefois le Secret et son aréopage adonisé, l’un et l’autre visage connu et, par moments, quelque autre visage qui permettent de se demander si
Le plaisir, volontiers, est de l'amour l'amorce
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