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vendredi, 20 janvier 2006

Un autre regard sur Ungern von Sternberg

Une des figures historiques les plus folles, un aventurier qui ébranla le début du XXe siècle est sans conteste Ungern von Sternberg, aristocrate balte né en Autriche, militaire russe marié à une princesse mandchoue, qui, dans la tourmente révolutionnaire russe, parvint à se rendre maître de la Mongolie durant quelques mois. Ferdynand Ossendowski en dresse un portrait romantique, une sorte de dangereux Beau Ténébreux des steppes ;

Junker balte, général russe et prince mongol. c'est déjà beaucoup pour un seul homme. Je ne suis pas un aventurier ou un mercenaire. Je suis l'homme d'un rêve. On ne change pas de rêve pas plus qu'on ne change de peau

medium_sternberg.jpg

Le contre-pied est pris par Léonid Youzépovitch., dans son « Le baron Ungern, Khan des Steppes », qui le transforme en illuminé cruel et somme toute peu intelligent et tout à fait contradictoire dans ses opinion et lubies, mythomane ou à tous le moins exagérant, à tel point que l’on se demande si les deux auteurs décrivent le même personnage. Youzépovitch démolit également Ossendowski. Ce dernier se présentait comme un fugitif, fuyant l’avancée des bolcheviques en Sibérie et obligé de demeurer quelque temps dans l’entourage du Khan des Steppes, témoin de ses ultimes folies auprès du souverain de la Khalkha. Selon le deuxième auteur, le prétendu géologue n’aurait également qu’un aventurier opportuniste, conseiller de Ungern et trafiquant de mémoires, pour empêcher que les lecteurs se rendent compte de son propre rôle.

Surnommé le baron fou ou le baron sanglant, il est le comble de l’intolérance, homme d’une idée, à savoir le panmongolisme, il entend la réaliser, dût-il ensanglanter toute l’Asie centrale. Sa seule victoire fut l’indépendance d’une partie de la Mongolie durant quelques années, la Khalkha, sous la direction nominale du Lama mongol. La capitale, Ourga, fut le lieu de toutes les atrocités et de tous les délires. De cette ville, von Sternberg entendait étendre une monarchie théocratique. Le seul gouvernement possible selon ses vues, sur la Mongolie chinoise, la Transbaïkalie, le Thibet… une nation mongole s’étendant de la Mandchourie jusqu’à la mer Caspienne. Il rétablirait ensuite la dynastie Qing sur le trône de Chine avec l’aide des Japonais et d’un Ordre teutonique à la mode bouddhiste, et tous de déferler ensuite sur le monde occidental, qu’il vouait aux gémonies. Car l’Occident représentait pour lui le pandémonium de tous les vices et de toutes les déviances. Les Juifs étaient pour lui le summum de l’horreur, et il les faisait systématiquement poursuivre et torturer de manière abominable, jusqu’à la mort. Lui-même était « luthérien bouddhiste ». Du fait de « ses atrocités sans nombre », pour le justifier, les mongols le considéraient comme une réincarnation d’une divinité de la guerre, Mahakala mGon po phyag drug pa, le pendant terrible et nécessaire au Bouddha compatissant.

Un détail, mais assez amusant, la famille du Khan des Steppes aurait préféré entretenir la vision d’un général idéaliste, russe blanc bon teint, héros de guerre dans la lutte contre les Bolcheviques, et non ce personnage qui ne répondait à aucune règle de convenances ni à aucun schéma admissible, même dans les salons dispersés de Saint-Pétersbourg et de Riga. S’imaginer l’angoisse devant la question : « ah ! Etes-vous cousins ? », qu’il s’agissait de nier, sans aucun doute.

12:35 Publié dans Ecoutes et Lectures | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note

Commentaires

Cette homme est un heros.... vous n avez rien compris

Écrit par : Jacques | dimanche, 27 août 2006

C'est votre opinion

Écrit par : selian | lundi, 28 août 2006

comme c'est facile de dire des choses au nom des autres en tant que desendant et membre de la famille ungern-sternberg je le dit sans honte "c'etait mon cousin"

Écrit par : M.ungern-sternberg | mardi, 28 novembre 2006

Je vous recommande la lecture du "Qui suis-je?" de Erik Sablé, consacré au Baron.

Et, si vous le trouvez en occaz, du fantastique roman de Jean Mabire "Le Baron fou". On ne ressort pas indemne de cette extraordinaire lecture!

Vive le Baron Ungern!

Écrit par : Ungern Khan | jeudi, 29 novembre 2007

Suite à mon billet du 28 nov. 2006
Plus les auteurs comme vous fonts du baron Roman Feodorovich von Ungern-Sternberg (paix a son âme) un antisémite sanguinaire et dégénéré, Plus les fascistes de tout bords en fonts un emblème de leurs idéologies, et les un alimentent les autres !
Ou est l’histoire dans tout ça ?
Que savez-vous réellement de cet homme et de sa famille ?a mon avis fort peu de choses !
de nombreuses légendes courent sur cet homme d’exception, mais très peu de donnes historiques en fait Les archives communiste de son procès et quelques lettres et photos en possession de notre famille, sont bien peu contre la verve des nombreux auteurs ,qui a la suite du roman d’ossendowski ont brodé une pseudo histoire autour de sa vie, voulant en faire une sorte d’anti héros a la apocalypse now !de même, Dans votre article vous affirmez beaucoup de choses que je contredirais dans un prochain billet.

Écrit par : marc d'ungern-sternberg | lundi, 10 décembre 2007

tout mon soutien à vous marc d'ungern-sternberg. Ungern est un homme qui a vécu son idéal jusqu'au bout. voilà ce qui dérange tant, l' absence de compromission dans un siècle qui les accepte toutes. C' est ainsi qu il faut vivre, encore faut il être animé par quelque chose d'un peu plus grand que travail, carrière et soif de parvenir. nietszche est plus un poète qu un penseur et dit souvent n importe quoi, tant pis cette phrase me plait et convient un peu à cet homme qui vécut ainsi que l exigeait sa caste dont l esprit avait à son époque déjà commencé d agoniser;"on peut mourir d être immortel" . Ou sont aujourd hui les combats qui donnent un sens à une vie?

Écrit par : louis-joseph | samedi, 22 mars 2008

M. Ungern-Sternberg, je partage votre opinion. Ce personnage est fascinant en tout état de cause. Je suis chercheur et je me passionne pour l'histoire du 20e siècle, et en particulier la contre-révolution russe. Par ailleurs, je crois savoir que le "baron" avait un frère statisticien. Auriez-vous des renseignements sur lui, si ce n'est pas trop vous demander.
Bien à vous,

Écrit par : Jean-Christophe | mercredi, 09 avril 2008

merci a tous la passion de l histoire et de la verite vous animent jean christophe je serais heureux de te donner ls infos sur "costi" le frere de roman contact sur messenger ungaria@hotmail.fr je ne suis pas souvent conecte alors patience!

Écrit par : marc d'ungern_sternberg | lundi, 14 avril 2008

Tout d’abord, je remercie Jaques pour son commentaire qui replace l’action d’Ungern dans son contexte militaire, ce fut le dernier officier de l’armée blanche à se battre (a un contre dix) et a ce titre un héros.
Avez-vous réellement lu « le khan des steppes » de Leonid Youzéfovitch ?
Votre interprétation selon laquelle Ungern y serait présenté comme « illuminé, cruel et somme toute assez peu intelligent… »Est un raccourci stupéfiant !
Leonid Youzéfovitch, qui n’est pas aussi impartial que vous l’êtes, a fait un remarquable travail de recherche historique, et présente nombres de témoignages allant a l’encontre de votre texte.
Dans ce même ouvrage on découvre que la cruauté légendaire d’Ungern s’appliquait essentiellement aux officiers, jugés par lui indignes, de son armée ; les exemples y sont nombreux.
Sur les massacres de juifs et votre présentation d’un Ungern antisémite, je vous recommande la lecture de l’excellent livre de Serge Lentz «Vladimir Roubaïev ou les provinces de l’irréel »qui vous éclairera sur les relations qui unissaient communautés juives et noblesse russe et des causes de leurs dégradations a l’aube de la révolution.
D’autres part si Youzéfovitch présente un Ungern s’étant fait ennemi des juifs, les condamnant a mort, il ne faut pas faire l’amalgame facile avec les idéologies antisémites nazis lors de la seconde guerre mondiale, les luttes pour le pouvoir qui opposaient les diverses communautés de l’époque d’Ungern étaient d’une tout autre nature (ce qui ne lui ôte pas la responsabilité de ces massacres)
On trouve aussi dans son livre des propos tel que :
- C’est un juif qui était l’agent principal d’Ungern à Kharbin
- -ces gens courageux et abiles sont pour moi de véritables amis (propos d’ungern d’après ossendowski)
- Lors de son procès Ungern dit : « le pouvoir allait tomber inévitablement aux mains des juifs, car les slaves étaient incapables d’administrer un état, les seuls gens doués étant les juifs. ».
C’est donc d’une lutte économique et politique dont il s’agit et non d’une purification raciale.
Le nombre de juifs d’Ourga massacrés s’élève à une cinquantaine de personnes.
Vous prenez soins je remarque d’occulter le rôle de sipaïlo ou de bourdoukovski dans ces massacres.
Pour finir, un détail, mais pas amusant du tout, à propos des salons dispersés de st Petersburg ,après la chute du tsar et l’épopée d’Ungern les membres de la famille qui n’étaient point mort se trouvaient parquées sur l’ile de Gallipoli a luter contre le choléra ou dans quelques goulag communiste et pour conclure je n’ai jamais entendu de membres de la famille renier notre généalogie.
Il serait donc courtois de votre part que vous retiriez votre dernier paragraphe qui relève juridiquement de la diffamation.

Écrit par : marc d'ungern-sternberg | lundi, 04 août 2008

Moi je trouve que la bobine d'Ungern ferait beaucoup moins d'effet sur un Tshirt que celle du Ché. Il est vrai que le second, acolyte sanguinaire de Fidel, a sévi au service de la dictature la plus sanguinaire de l'histoire du monde alors que le second l'a combattue. Salut amical d'un junker et prince d'un lieu exotique

Écrit par : Eric | vendredi, 24 octobre 2008

TRES INTERESSANT D AVOIR DES INFORMATIONS SUR MA FAMILLE

Écrit par : UNGERN-STERNBERG MICHEL | dimanche, 26 octobre 2008

j'ai bien lu toutes ces remarques .. Je crois qu'il faut avant se situer dans le contexe de la révolution en russie et ne pas trop critiquer le comportement de ceux qui se sont opposée aux bolchevks.
Robespierre, marat et bien d'autres sont ils chez nous des assassins ? et nos généraux en 1914 qui ont fusillé nos soldats qui ne voulaient pas combattre - et..et en afganistan et à en Algerie pendant notre occupation ?

Écrit par : ungern-sternberg your | mercredi, 19 novembre 2008

Petite précision sur le prétendu antisémitisme viscéral du Baron, tous ses agents de liaisons à Tchita, Irkoutsk, Kharbin et Vladivostock étaient juifs et, selon les propres paroles de Roman, édes amis personnels". De plus, l'un de ses officiers, Voulfovitch, était lui même juif.

Écrit par : Pascal | vendredi, 26 décembre 2008

Il est assez curieux de voir au fil de ces commentaires les intervenants s'attacher à démontrer que Ungern n'était absolument pas antisémite ( qu'au contraire il les aimait beaucoup), dans le but de faire d'Ungern un général tsariste comme les autres.

C'est assez paradoxal, car, précisément, le seul point commun entre Ungern et les généraux blancs (Denikine, Mai-Maievski, Mamontov, etc...), c'est justement son antisémitisme, à vrai dire largement partagée par la population russe à l'époque (si les pogroms ont surtout été le fait des Blancs et des Ukhrainiens, les rouges en ont aussi pris leur part).

Pour le reste, il semble manifeste que Ungern et son pote Semenov étaient surtout des brigands qui ont profité de la guerre civile pour se tailler des royaumes indépendants.

Donc, messieurs les descendants du baron, plutôt que de vous efforcer de vouloir "respectabiliser" votre ancêtre en en faisant un brave officier un peu terne, ami des juifs et surtout innocent de tous les méchancetés commises par ses infects sbires, assumez donc la stature hors norme de votre ancêtre !

Écrit par : Irakli | dimanche, 27 décembre 2009

Cessez donc de voir de l'antisémitisme chez ceux qui ont construis l'histoire, vous qui n'êtes que les descendants des porcs et des singes comme en témoigne l'ancien testament.

Écrit par : anti-yourte | samedi, 13 mars 2010

L'histoire est fabriquée par les vainqueurs qui contrôlent et dictent la mémoire collective des peuples. En ce qui me concerne, le Baron est un être exceptionnel perdu dans une époque où les idées spirituelles nobles étaient occultées par la guerres des classes, antienne qui a justifié le massacre de l'élite et de l'âme russe. Messieurs les aïeux d'un descendant aussi illustre, soyez fiers que l'histoire de la médiocrité bolchevique s'attèle à noircir le Baron...car l'éloge de ceux que lui-même méprisait du plus profond de son être reviendrait à le tuer une seconde fois.

Écrit par : Vinc | samedi, 28 août 2010

L'histoire est fabriquée par les vainqueurs qui contrôlent et dictent la mémoire collective des peuples. En ce qui me concerne, le Baron est un être exceptionnel perdu dans une époque où les idées spirituelles nobles étaient occultées par la guerres des classes, antienne qui a justifié le massacre de l'élite et de l'âme russe. Messieurs les aïeux d'un descendant aussi illustre, soyez fiers que l'histoire de la médiocrité bolchevique s'attèle à noircir le Baron...car l'éloge de ceux que lui-même méprisait du plus profond de son être reviendrait à le tuer une seconde fois.

Écrit par : Vinc | samedi, 28 août 2010

Écrit par : Vinc | samedi, 28 août 2010

bien,bien,bien moi jassume totalement la stature hors normes de mes ancetres ,qui c'est transimise d'ailleurs a bien d'autres d'aujourd'huis hi! hi! et je suis bien ravi de voir que tous n'ont pas de la purée dans la tete!alors mon respect a tous ceux qui comprenent ce qu'est l'HISTOIRE et ceux qui la font et pour les autres et bien je vous plaint mais bon le conditionement est si fort et si bien fait....

Écrit par : marc von ungern_sternberg | vendredi, 17 décembre 2010

Comme Ungern le disait lui même dans le dernier bulletin de la Division Asiatique de Cavalerie
"Le mal venu sur terre pour détruire le principe divin du coeur de l'Homme doit être extirpé avec les racines"
Ungern-Khan était un personnage complexe qu'il faut s'abstenir de juger, en tout cas il semble maintenant avéré que les "atrocités" que l'on prête souvent a Ungern on été commis par des subordonnés (et bien souvent en son absence) que nous devons nous abstenir de juger aussi car vous n'imaginer pas ce qu'a été la révolution Russe!!! des villages entier brûlés par les Rouges, avec les habitants pendus et torturés... acheter donc le livre noir du communisme et regardez ces images vous verrez la vrai barbarie se déchaîner sous vos yeux! Alors que des partisans Blancs ait par réplique torturé et tué les rouges qu'ils prenaient ne me surprend pas (si c'est avéré) et ne peut être jugé sans qu'on ait au préalable jugé les rouges.
Le combat d'Ungern se situait d'ailleurs au delà de cette révolution qui n'était pour lui que la manifestation d'un processus plus profond: la décadence de l'Occident. Il croyait au pouvoir des peuples de l'Asie pour revigorer cette Occident moribond envahi par les le communisme , le relativisme et un mode de vie bourgeois qu'il exécrait.
On ne peut que lui donner raison quand on constate dans quelle Europe nous vivons!
Dieu merci, le Baron Ungern a eut le mérite d'exister, vibrant exemple d'un homme qui a vécut son rêve jusqu'au bout et sans compromis, Fasse qu'un jour un homme de son envergure reparaisse et pousse l'Europe a se réveiller et a rejeter toute forme de relativisme pour vivre enfin en homme debout. Que Dieu garde les Saint hommes qui ont lutté pour la Sainte Russie!

Écrit par : Ourga | jeudi, 23 juin 2011

dieu merci!je suis rassuré de voir qu'il y a encore des hommes qui honorent l'heroisme de ceux qui ont lutté et qui sont mort pour leur pays...et je m'associe avec toi"ourga" dans l'espoir que l'europe voie un jour un homme tel que roman von ungern sternberg

Écrit par : marc ungern_sternberg | mardi, 25 octobre 2011

Que direz Ungern-Sternberg de notre époque ! Qui sommes-nous pour le juger ? Selon mes modestes recherches, idéaliste à l'extrême, dur avec lui-même et les autres, ll pressentait une décadence de l'Europe.
Je suis persuadé que de là haut ou d'en bas (quelque soit le lieu) notre baron doit être extrêmement pensif face aux bouleversements de notre planète. Même constat pour Ferdynand Ossendowski. Mais n'avaient-ils pas tous les deux raisons. L'important n'est pas de vivre longtemps ni chichement mais de vivre intensément.

Écrit par : philippe gerbier | mercredi, 11 janvier 2012

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