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mercredi, 03 mai 2006

Un photographe surréaliste à Madrid – confusion du signe et de la chose

Une heureuse circonstance m’a permis de rencontrer un photographe madrilène, et d’aller ensuite admirer son œuvre dans une galerie d’art. Chema Madoz aurait été un compagnon parfait pour René Magritte et Marcel Mariën, dont il est le thuriféraire. Il aurait pu bavarder avec Scutenaire et ses amis dans la taverne bruxelloise, la Fleur en Papier Doré, le rendez-vous des surréalistes belges. Même si certains de leurs membres s’étaient enrôlés dans les brigades internationales, le mouvement possèderait moins la connotation politique du surréalisme d’André Breton, s’attachant plutôt à remettre en cause le langage et la peinture.

 

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Il y avait un côté « frais », à pérambuler en compagnie de ces photographies, et en sortant du bâtiment qui l’abritait, sous le beau soleil qui nimbe la Ville comme de toute Eternité, je me sentais heureux, « simplement » heureux, sous les marroniers en fleurs, les platanes, me dirigeant vers le Jardin Botanique où m’attendaient un banc, un ombrage, le parfum des fleurs et quelques pages de Claude Simon. Les œuvres de Chema Madoz possèdent un ton ironique, léger, découvrant l’extraordinaire dans le quotidien. C’est aussi un sympathique pied-de-nez aux Idées platoniciennes, où les objets déroutent, car ils soulèvent d’autres interprétations, d’autres cheminements poétiques que ceux qui leur sont normalement destinés ou « assénés ». C’est un alchimiste de la suggestion.

 

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Pour telle et telle raisons, Alceste ressentit un peu de jalousie à me voir revenir avec un catalogue dédicacé d’une exposition précédente. Il me le prit des mains, le feuilleta et s’exclama « ¡pero eso son gillipolleces !», se moquant des œuvres, les trouvant « gratuites ». Aussi, pour chaque image qu’il me présentait, je lui inventais une signification. Nous procédâmes ainsi pour une vingtaine d’entre elles. Il ferma le livre en me le rendant sans rien émettre qu’un grognement dont l’interprétation demeure multiple. Ah ! Pourquoi nourrir une admiration aussi intense ?

 

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08:51 Publié dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

Commentaires

Pourquoi cela ? Je crois que tu es doué pour l'admiration, et toujours heureux de lui trouver des objets. A l'inverse, déçu quand elle ne peut pas décemment s'appliquer... Mais que signifie ce mot étrange de "gillipolleces" ?

Ecrit par : fuligineuse | mercredi, 03 mai 2006

Gillipolleces, c'est un gros mot...

Ecrit par : selian | mercredi, 03 mai 2006

Ha !

Ecrit par : Lambert Saint-Paul | mardi, 09 mai 2006

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