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mercredi, 10 janvier 2007

كتاب ألف ليلة و ليلة

medium_1001nuits.jpgPoursuite de la lecture des Mille et Une Nuits. Autant la version classique de Galland était apparue souple et agréable, notamment dans ce désir d’évoquer plutôt que d’exprimer les scènes licencieuses, et dans cette manière très versaillaise de décrire le Califat abbasside ; autant la version éditée par la Pléiade est austère et laisse apparaître une violence plus évidente. Egalement, le choix de ne pas traduire les noms mais de les laisser en arabe enlève certain charme à la lecture, même si le puriste en peut être heureux.

Après une centaine de « et l’aube chassant la nuit, Schéhérazade se tut… », l’édition de Galland ne marque plus les pauses, tandis que ces nouvelles pages égrènent rigoureusement les nuits, la conteuse tranchant arbitrairement les récits de manière à maintenir l’attention du souverain et que la fin d’un conte ne coïncide surtout pas avec la fin d’une nuit, afin  d’avoir l’occasion de recommencer le lendemain par un “On raconte encore, Sire, ô roi bienheureux…” ; et laisser la vie sauve à la narratrice jusqu’à la nuit suivante en échange de la suite de l’histoire.

 

L’histoire liminaire de Schéhérazade et du roi emboîte ainsi tous les autres contes, nuit après nuit.  Cela permet de juxtaposer des histoires qui n’ont aucun lien entre elles sous une forme enchâssée ou en tiroir  La méthode permet à Shéhérazade d’éterniser la succession des récits et d’éloigner l’heure fatale de sa décollation. Cela ajoute aussi à la diversité de l’œuvre puisque chaque nouveau conte n’a pas nécessairement de liens avec le conte précédent et que même le genre du conte peut alors se modifier, dérivant du merveilleux au mystique, de l’érotique au moral. A noter que dans de nombreuses histoires, des malheureux, princes, vizirs, esclaves, sauvent leur vie au prix d’une belle narration, autant de Schéhérazade en mode mineur qui pullulent dans la gigantesque trame.

 

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En version française, il existe également l’édition de Mardrus, plus osée, qui fera se pâmer les symbolistes et les décadentistes, inspirera nombre de ballets et de pièces, et qui causa la confusion de madame Proust dans la Recherche,

Ma mère me fit venir à la fois les Mille et Une Nuits de Galland et les Mille et Une Nuits de Mardrus. Mais, après avoir jeté un coup d’œil sur les deux traductions, ma mère aurait bien voulu que je m’en tinsse à celle de Galland, tout en craignant de m’influencer, à cause du respect qu’elle avait de la liberté intellectuelle… En tombant sur certains contes elle avait été révoltée par l’immoralité du sujet et la crudité de l’expression.

 

Qu’aurait-elle pensé de la présente édition? Se demander si le Narrateur a jamais médité sur l’emprisonnement et la vigilance d’Albertine comme une situation similaire de quelques princesses enlevées et enfermées par des génies ou des rois soupçonneux, des pères jaloux.

 

Le mondain aura-t-il à la soirée de la Mille et Deuxième Nuit offerte par Paul Poiret à la bonne société parisienne de 1911? Comment non plus ne pas se rappeler certains tableaux de Gustave Moreau, ne fût-ce que les représentations du jeune chasseur persan?

 

Cette deuxième lecture révèle d’autres aspects. Par exemple, le merveilleux tient moins de place que dans les souvenirs et maints d’entre eux se transforment en petits traités d’initiation érotique entre adolescents. La facilité des mœurs et les descriptions sont d’une certaines manière très modernes ; de très jeunes gens et de très jeunes filles, tous d’une stupéfiante beauté, bien entendu, qui mènent joyeuse vie, s’enivrent, jettent l’argent par les fenêtres et titillent leur sens avec assez de facilité et sans trop de remords. Beaucoup de violence, viols, enlèvements, jugements sommaires, incestes, hécatombes, émasculations, sévices, … la violence latente la plus « intéressante » étant celle qui pèse sur la conteuse, même si l’on connaît le « happy end », on peut feindre l’alarme, se demander si le Sultan lui laissera la vie.

 

Relire maintenant les réflexions de Borges sur le thème.

 

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16:05 Publié dans Ecoutes et Lectures | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note

Commentaires

la premùier estoire dans la monde cutilair

Ecrit par : wahid | samedi, 06 octobre 2007

waaaaaaaaaaaw tré tré bonne histoires cooooooool

Ecrit par : mimia | mardi, 04 mars 2008

mamoud el-oued

Ecrit par : mouda | lundi, 17 mars 2008

sa c'est tres belle

Ecrit par : oumayma | mardi, 18 mars 2008

oui alf laila et laila et un très beau livre ou histoire oui il a beaucoup d'histoires qui sont bien pour les enfant ou les grands

Ecrit par : maria sakime | dimanche, 20 avril 2008

sa c'est tres belle

Ecrit par : adil | jeudi, 24 avril 2008

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