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vendredi, 05 décembre 2008
Le trône du chrysanthème III - l'ordre du Soleil Levant
Une personnalité reçoit une décoration de l’empereur du Japon, l’ordre du Soleil Levant, créé sous le règne de l’empereur Meiji. La préparation de l’acte était en elle-même solennelle, tandis que la cérémonie en soi dura environ une demi-heure – et une heure de cocktail - voici quelques semaines que la mise en scène est préparée. Car l’avantage –ou le désavantage- de la culture japonaise, c’est que tout devient minutieux pour les détails, à tel point que le détail devient lui-même important, tandis que le fond est relégué au détail. Par exemple, la place d’une personne pour un discours est discutée à l’infini, et la durée du discours est chronométrée, mais la teneur du discours est fade. Le merveilleux flacon d’un parfum volatilisé.
Un ami se plaît souvent à citer le Traité de la Guerre en de telles occasions, car finalement s’occuper des contingences permettrait de laisser passer des aspects plus importants. Mais ici n’était pas le lieu, il s’agissait uniquement d’admirer l’interprétation des kotos, instruments de musique traditionnel à cordes pincées, nommée « harpe japonaise » en Occident, la joliesse de deux demoiselles vêtues de kimono, et les ikebana de saison posés sur les tables basses. Les ikebana étaient impériaux, chrysanthèmes blancs posés horizontalement et des sortes d’agapanthes bleus dressés à la verticale.
C’était l’opportunité d’inviter l’un et l’autre amis, avec le mot d’ordre, porter du rouge et du blanc. Ainsi, convié pour l’occasion l’amie qui avait également suivi ces cours sur les haikus, afin de pouvoir ensuite se réciter des poèmes en souvenir de la cérémonie. Il y avait également la jeune fille au bandeau.
Le moment le plus agréable de la cérémonie aura été de recevoir à l’entrée du palais deux jeunes Japonaises revêtues de kimono, accompagnées de leur camériste, marchant à pas si mesurés, si lents, à travers les couloirs de l’édifice. Il fallait mesurer la cadence à la leur, si lente, si intemporelle, saluer quelques collègues interloqués et babiller d’insignifiances auprès des deux demoiselles de compagnies, deux Ménines, symboles de temps passés. La camériste était particulièrement fière de sa « création » où prédominaient le crème, et les motifs rouge et or, et elle acquiesçait complaisamment aux éloges, tout en ordonnant l’obi de l’une des jeunes filles, lisant les cheveux de l’autre. Ne jamais oublier leur mouvement gracieux, à remonter légèrement leur kimono, de la pointe de leurs doigts, afin de gravir deux marches d’estrade.
08:55 Publié dans En Ville | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
Comment ne l'ai-je pas compris plus tôt ? Le Japon te va à merveille, Selian. Tu devrais être proclamé "Japonais d'honneur"...
Ecrit par : fuligineuse | samedi, 20 décembre 2008
Un jour, un jour... ¿Quien sabe?
Ecrit par : selian | lundi, 12 janvier 2009


