« Venise | Page d'accueil | Fortuny »
vendredi, 23 janvier 2009
Torcello
Durant une froide journée, ciel plombé et neiges annoncées, promenade vers une cité morte, Torcello, plutôt que morte, oubliée, métamorphosée en champs et en marais après des épidémies de peste et de choléra, les anciennes demeures démontées pierre par pierre et rebâtie sur le Rialto, aujourd’hui un paysage lagunaire où surgit, paradoxalement immense, une basilique, ancien témoin de la gloire déchue. Il faut se rendre à Torcello, emprunter les ferry, faire halte sur Murano et son musée du verre, sur Burano, et ses maisons colorées comme des décor pour tsarine de Russie en voyage. Depuis les rives de la dernière île, apparaît Torcello, plate comme un paysage de Flandre, et le gros campanile de sa basilique, jumelle des tours imposantes de Damme et de Bruges.

Au retour en Ville, écouté Oedipus Rex au Theâtre Royal. L’œuvre était magistralement interprétée. Ecouté et lu plusieurs fois le livret auparavant. Très curieusement, certains passages rappelaient les mosaïques de Torcello, celles de l’Eglise dei Miracoli et de Saint-Marc. Ne pas oublier que Stravinsky composa un cantique en l’honneur de Saint-Marc et que sa dépouille repose dans l’île-cimetière de la ville lagunaire. Alejo Carpentier imagine d’ailleurs un pique-nique sur sa tombe, entre des musiciens du passé. Sans doute, pour trouver un rapport, le hiératisme du chœur, la densité du mythe, la chronique de la chute des Labdacides et l’étiolement d’une cité autrefois puissante, la peste mêlée au choléra.
Caedit nos pestis
Theba peste moritur
E peste serva nos, serva
Oedipus, Oedipus, adest pestis
Ah ! ces mosaïques !

Une version hallucinée de Oedipus :
A Madrid, la compagnie nous venait de Saint-Pétersbourg, aussi le récitant déclamait en russe…
07:34 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


