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mercredi, 11 février 2009
Nouvelles saveurs
Aussi, retourner en Ville ne fut pas un exercice facile, d’autant que le climat est rigoureux, les neiges se sont avancées jusque dans les faubourgs et le vent rend les rues désertes.
Une diversion, néanmoins, Madrid Fusión, où comme chaque année des créateurs présentent leurs dernières œuvres, où l’on débat sur la « Haute cuisine pauvre – imagination en temps de crise » (sic), mais aussi sur les trompe-l’œil culinaires et le néonaturalisme gastronomique.
Etrange de croiser des dieux de la haute cuisine et de considérer les airs de respect des jeunes chefs et d’une grande partie du public, la suite des journalistes les interrogeant et les flashes des photos quand deux démiurges se croisent et commentent un vin ; Arzak, par exemple, comme s’il s’agissait de l’arrivée de Bacchus entouré de ses suivants. Sapidités bizarres, cocktails somptueux. Et d’autres noms prononcés avec ferveur, non retenus, qui élèvent la cuisine au niveau de l’art… ce qui la rend quelquefois inconsommable et provoque des controverses quant à l’innocuité de la cuisine moléculaire.
Nouvelle saveur, également ; un jeune danseur croisé au gymnase, corps blanc aux membres bien dessinés, interprétant des œuvres, notamment sur une musique de Debussy, se partageant entre le Japon et la Ville, de mère vénitienne.
Sinon, la Ville est toujours encerclée des neiges et elle croule sous les pluies. Aussi les sorties sont-elles plus espacées, les rues s’en trouvent étrangement calmes, les regards moins intenses, et les corps inclinés et occultés sous des épaisseurs de vêtements n’éveillent pas le désir.
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