« les graines de tournesol du dimanche soir | Page d'accueil | ARCO 2009 »

mardi, 24 février 2009

Francis Bacon au Prado

Autre contraste avec les lectures de ces derniers jours, la visite de l’exposition consacrée à Francis Bacon au Prado. La démarche aura été moins éprouvante que prévue. Il faut sans doute malheureusement mettre cela sur le compte de l’assuétude aux malheurs contemporains, les thèmes décrits par Bacon ne choquent pas, parce qu’ils deviennent familiers, ou que la sensibilité est trop caparaçonnée pour encore s’émouvoir. Aussi, le cadre magistral du Prado, mais surtout les références classiques du peintre, ses réinterprétations du portrait d’Innocent X de Vélasquez, sa prédilection pour les œuvres en triptyques,  les grands formats, les cadres dorés qui entourent la plupart des tableaux, sa fascination pour les photographies anatomiques d’Eadweard Muybridge ; ces divers éléments donnaient une impression de continuité, somme toute, dont la filiation  pourrait se retrouver dans la période noire de Goya, ou certaines décollations de Saint Jean Baptiste, d’Holopherne. D’autant qu’après avoir terminé l’exposition, s’attarder un moment dans celle qui est consacrée à la statuaire antique de l’Albertinum

 

fbacon1.jpg

 

 

Il y avait surtout un tableau, d’une taille assez médiocre comparée aux autres œuvres exposées, qui était particulièrement « gracieux » : fond noir, homme levant les bras comme un fantôme blanc, carré géométrique l’enfermant, paraissant prêt à se lancer dans une eau abyssale et glacée. Ou comment le désespoir devient esthétique. Et celui-la: 

 

fbacon2.jpg

 

19:59 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Ecrire un commentaire