mercredi, 03 décembre 2008
Le trône du chrysanthème I
Successions d’actes officiels ces derniers jours. Certains tournaient autour du Japon et l’un d’eux pris place dans le patio de Miraflores (Mirefleurs). Assemblée babillant, des femmes mûres pour la plupart, vêtues de kimonos traditionnels. Une personne de l’ambassade affirme que certains costumes sont des vêtements de collections et les dessins de certains d’entre eux étaient remarquables, évoquant l’automne, serrés par des obis merveilleusement noués. Un moment donné, il fallut traverser le patio à grands pas : images colorées, vision de parc au sol jonché de feuilles, et odeur à naphtaline. Le public fleurait le camphre de goudron, comme si ces dames avaient été remisées et exposées pour l’occasion.
Agir comme maître de cérémonie de l’acte. Le traducteur se trompe et commence à rendre en japonais un discours donné dans la même langue. Le lui signaler. Il pâlit, considère ses papiers, et est incapable de parler durant quelques instants. L’idée de sa solitude devant l’assistance froufroutante. Rien n’est plus abominable pour un asiatique que de perdre la face. Les Japonais ne connaissent pas la culpabilité, ils souffrent de la honte, rien ne peut être déshonorant.
Se réfugier dans la contemplation d’un paravent recouvert de feuilles d’or. Un des plus beaux objets remarqués jusqu’à présent. Ah ! Rêver d’un bureau qui serait une pièce au parquet clair, une immense baie donnant sur la mer, et un paravent, un panneau d’or. Azur et or mêlés, image de Robert de Saint-Loup pénétrant dans l’hôtel de Balbec. Sans doute une des plus belles images de la Recherche, une des plus lumineuses, surtout, porteuse d'espérances trop tôt fourvoyées:
Une après-midi de grande chaleur j’étais dans la salle à manger de l’hôtel qu’on avait laissée à demi dans l’obscurité pour la protéger du soleil en tirant des rideaux qu’il jaunissait et qui par leurs interstices laissaient clignoter le bleu de la mer, quand, dans la travée centrale qui allait de la plage à la route, je vis, grand, mince, le cou dégagé, la tête haute et fièrement portée, passer un jeune homme aux yeux pénétrants et dont la peau était aussi blonde et les cheveux aussi dorés que s’ils avaient absorbé tous les rayons du soleil. Vêtu d’une étoffe souple et blanchâtre comme je n’aurais jamais cru qu’un homme eût osé en porter, et dont la minceur n’évoquait pas moins que le frais de la salle à manger, la chaleur et le beau temps du dehors, il marchait vite. Ses yeux, de l’un desquels tombait à tout moment un monocle, étaient de la couleur de la mer. Chacun le regarda curieusement passer, on savait que ce jeune marquis de Saint-Loup-en-Bray était célèbre pour son élégance. Tous les journaux avaient décrit le costume dans lequel il avait récemment servi de témoin au jeune duc d’Uzès, dans un duel. Il semblait que la qualité si particulière de ses cheveux, de ses yeux, de sa peau, de sa tournure qui l’eussent distingué au milieu d’une foule comme un filon précieux d’opale azurée et lumineuse, engaîné dans une matière grossière, devait correspondre à une vie différente de celle des autres hommes
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mardi, 02 décembre 2008
la maison du peintre Sorolla
Une des demeures les plus agréables de la Ville est sans conteste celle du peintre Sorolla. Conçue comme une résidence andalouse remaniée dans l’esthétique du début du XX siècle, elle se retrouve maintenant coincée entre les immeubles d’une des artères principales. Néanmoins, une fois franchies les grilles et le mur d’enceinte, se dévoile un jardin de Grenade, odeur des buis et ruissellements des fontaines.
La maison est aujourd’hui un temple à la gloire du peintre. Hormis les jardins qui l’entourent, elle rappelle la maison de Gustave Moreau, mais une maison beaucoup plus ample et surtout plus lumineuse. Les œuvres sont réparties dans toutes les pièces. Les salons de réception sont recouverts de marbre blanc qui donnent une impression de fraîcheur et de pompe antique.
Surtout, un aficionado de la Recherche peut facilement s’amuser à découvrir l’un et l’autre personnages de l’œuvre parmi les tableaux de Sorolla. Il est par exemple facile de songer à Balbec.

Et à Albertine prisonnière, visitant les alentours de Balbec dans la voiture prêtée par Marcel, qui lui avait offert un beau chapeau couvert de voiles blancs:

Ou encore les amis de Gilberte reçus pour le goûter chez madame Swann:

Et un invité de la princesse de Guermantes:

La princesse de Parme? La pose est trop volontaire. Plutôt une des amantes du duc de Guermantes, comme la marquise de Surgis-le-Duc.

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lundi, 01 décembre 2008
Après avoir admiré les Antiques
Et s’amuser des évolutions que nous autres, pauvres êtres humains, tentons à contre-courant.
Amours, politiques, ambitions, rien n’est important. Ne jamais se prendre au sérieux afin de ne pas se fourvoyer dans la mesquinerie. Se contenter de lire, de se promener, fredonner un air facile, bavarder en compagnie d’un ami, toujours admirer une jeune fille, lutiner avec légèreté ; de contempler, surtout, sans a priori et sans états d’âme.
Afin de ne pas négliger cette ligne de conduite, ne jamais cesser d’aller admirer des œuvres d’art, tenter d’en être le miroir, d’aller au-delà du contingent.
Et toujours redécouvrir la Recherche, dans un constant émerveillement et une désillusion perpétuelle. Combien de lectures de la Recherche ? Une dizaine ? Qu’en reste-t-il à chaque fois ?
Le premier contact eut lieu voici bien trop longtemps au large des côtes de Louisiane, durant de longues journées de tornades, quand une succession de cyclones barrait les côtes et que le navire tanguait sur ses ancres sous des nuages réellement noir d’encre. Dès le baiser refusé puis accordé de la mère du narrateur, un soir que sa famille recevait Charles Swann, l’ouvrage est devenu le livre de chevet par excellence.
Depuis, lu en Inde, à Bornéo, en Afrique du Sud ; à Londres, à Paris, à Séville et à Lisbonne. Saint-John Perse fut découvert parce que Céleste Albaret le lit à Balbec, et le Dit du Genji, parce que les critiques aime comparer les deux œuvres.
Pourquoi cette fascination pour une telle œuvre ? Parce qu’elle est l’écho de certains sentiments ? car, même si cela en coûte de l’admettre, elle est la quintessence d’une conviction amère, que les admirations et les illusions sont mortelles, éphémères ?
Longtemps un maître mot régnait sur l’esprit, mais la perfection n’a plus lieu d’être. Le terme agit comme une évanescence des choses d’antan. Et blablabla.
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mercredi, 19 novembre 2008
Le nom d’Oriane dans Amadis de Gaule
Une autre exposition, à la Bibliothèque Nationale, pour fêter les cinq cents ans de l’édition définitive, celle de Saragosse, du roman de chevalerie Amadis de Gaule, chevalier errant et amant transi, dont les aventures inspirèrent don Quichotte. L’exposition à l’heur de dévoiler au public des éditions originales, des manuscrits historiés et de splendides gravures. Elle s’étend également sur l’influence des romans de chevalerie dans la découvertes des Amériques. Malgré l’interdiction de débarquer les ouvrages dit légers sur le nouveau continent, la lecture de ces romans fait florès, pour tromper l’ennui des voyages et des guerres. Certains découvreurs et géographes ont ainsi donné à certaines terres le nom de Patagonie, en référence au roman Primaléon, le livre de chevet de Magellan, et le nom de Californie, qui vient en référence à une île que traverse un héros d’Amadis de Gaule.
L’héroïne d’Amadis de Gaule se nomme Oriane, fille d’un roi d’Angleterre légendaire, Lisuarte. La duchesse de Guermantes ne descendrait-elle pas d’une autre héroïne, Geneviève de Brabant ? Ne serait-elle pas plutôt la lecture d’Amadis de Gaule suivie de celle du Quichotte, ou comment Oriane devient Dulcinée du Toboso, dans l’opinion du narrateur.
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lundi, 17 novembre 2008
Visite à la japonaise au Prado
Des journées harassantes et finalement décevantes. Participé à un dialogue qui s’étalait sur plusieurs journées et réunissaient des « jeunes dirigeants » (sic) de l’Union européenne et d’Asie. Même le plaisir de se retrouver au milieu d’une Babel miniature ne permettait pas d’atténuer l’impression de danse macabre et accentuait – encore, alors qu’il n’en n’est aucun besoin - l’impression latente d’absurdité et de fin du monde. Nous allons droit au précipice en menant une fête perpétuelle. Il est vrai, la fatigue rend mélancolique ; et la lecture de la Recherche, et surtout du prélude à la Prisonnière, des premières jalousies du narrateur et des premières déchéances de monsieur de Charlus face au clan réuni autour de madame Verdurin, ne permirent pas d’atténuer ce sentiment.
Parmi les activités culturelles parallèles aux sessions de travail, il y eut une visite guidée au Prado, de ces visites éclairs où l’on s’attardait sur quelques œuvres. L’occasion de se rendre compte qu’une visite éclair au musée du Prado suppose s’arrêter et que l’on commente :
- Jésus lavant les pieds de ses disciples, par Le Tintoret,
- L’Annonciation de Fra Angelico,
- Le Jardin des Délices de Bosch,
- La Descente de Croix de van der Weyden,
- Les Ménines de Vélazquez, et quelques portraits de la famille des Habsbourgs,
- Les portraits de la famille royale et la période noire de Goya.
Les pauvres asiatiques étaient rendus de fatigue et d’images, la plupart se dandinaient d’ahan, et les jeunes filles indochinoises s’écroulaient en rang d’oignons sur les bancs en enlevant leurs souliers. Le groupe avançait rapidement et des délégués se perdaient entre les Rubens et les Gréco, que les guides ramenaient comme des brebis égarées. Deux Lithuaniens riaient des croupes des déesses baroques. Un Indien assez hautain se dandinait en secouant les cheveux et en demandant chaque fois qu’il rentrait dans une salle, « from which country ? » (et le plaisir mesquin de répondre en donnant le nom d’états disparus, Etats Bourguignons, Saint Empire Romain, duché de Toscane,... ). D’autres commettaient le geste le plus absurde qui soit dans un musée, photographier une œuvre d’art, exemple radical de la manière actuelle d’observer les œuvres, l’épingler comme un lépidoptère et ne retenir l’image qu’à travers un médiateur mécanique. Il fallait détourner la tête. Se rappeler de l’exclamation de la duchesse de Guermantes, quand le narrateur lui confesse qu’il n’est pas allé voir les portraits de Franz Hals :
—Comment! vous avez fait le voyage de Hollande et vous n’êtes pas allé à Haarlem? s’écria la duchesse. Mais quand même vous n’auriez eu qu’un quart d’heure c’est une chose extraordinaire à avoir vue que les Hals. Je dirais volontiers que quelqu’un qui ne pourrait les voir que du haut d’une impériale de tramway sans s’arrêter, s’ils étaient exposés dehors, devrait ouvrir les yeux tout grands
Cette parole me choqua comme méconnaissant la façon dont se forment en nous les impressions artistiques, et parce qu’elle semblait impliquer que notre oeil est dans ce cas un simple appareil enregistreur qui prend des instantanés.
Qu’auront-ils retenu ? Englober l’image de cette grappe de jeunes asiatiques fourbues sur un des bancs de la grande galerie. Egalement, une impression de Noce au Louvre à la Zola :
Puis, la noce se lança dans la longue galerie où sont les écoles italiennes et flamandes. Encore des tableaux, toujours des tableaux, des saints, des hommes et des femmes avec des figures qu'on ne comprenait pas, des paysages tout noirs, des bêtes devenues jaunes, une débandade de gens et de choses dont le violent tapage de couleurs commençait à leur causer un gros mal de tête.
Une des conclusions, il faut absolument reprendre un abonnement aux musées nationaux et consacrer quelques heures à la semaine à la contemplation des œuvres d’art, à la recherche d’un petit pan de mur jaune, qui est la seule manière de se « sauver », sinon d’être meilleur.
23:19 Publié dans En lisant Proust | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 06 novembre 2008
Ritz
Cocktail organisé par Sotheby’s, autres tableaux espagnols de la fin du XIXe, redécouverte des œuvres d’Hermen Anglada Camarasa et de Sorolla. Quelques natures mortes. Une amie se demande comment seraient les fleurs peintes de Mme. de Villeparisis.
Ces fleurs sont d’un rose vraiment céleste, dit Legrandin, je veux dire couleur de ciel rose. Car il y a un rose ciel comme il y a un bleu ciel. Mais, murmura-t-il pour tâcher de n’être entendu que de la marquise, je crois que je penche encore pour le soyeux, pour l’incarnat vivant de la copie que vous en faites. Ah! vous laissez bien loin derrière vous Pisanello et Van Huysun, leur herbier minutieux et mort.
Curieuse impression d’un Titanic première classe. Beaucoup de public, peu se vend, mais on fait comme si et l’on s’amuse à déplorer les pourcentages perdus en agiotages et spéculations. « L’argent ne flue pas, les investisseurs attendent les futures opportunités », affirme l’un, « il faut garder du liquide et profiter des futures aubaines », assène l’autre. Entre-temps, les œuvres se contemplent purement, lucarne sauvegardée, que les gens prisent sans penser les acheter. Revoir des figures connues et aimées. Une boucle d’oreille choit, penser à un haïku :
Exposición de pinturas
Cae un pendiente
Sobre el suelo.
Pourquoi songer à des haïkus ?
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mardi, 04 novembre 2008
Ambassade
Discours interminables dans un salon qui sentait la poussière, mais de belles vues sur le jardin cerclé de hauts murs d’un blanc bleuté, comme un œuf de goéland. Il y eut grand’vent la nuit précédente, et la pelouse était parsemée de feuilles de platanes et de marronniers. Portrait en pieds d’un roi en tenue de sacre et de princesses dynastiques. Les gens se lèvent, double porte ouverte sur une salle à manger où trône un buffet central, surtout de table d’argent et de fleurs.
Une dame dirige le protocole de la maison, connue voici quelques années alors qu’elle s’occupait d’une revue de mode, à l’époque fort excentrique et absolument méchante. Une transformation radicale. Auparavant vêtue à la dernière mode, à la limite du bizarre, maintenant un mélange entre une dame de compagnie de la princesse de Parme et Françoise, les cheveux grisonnant plaqués en bandeaux romantiques contre les tempes, habillée d’une longue jupe anthracite, d’un chemisier blanc et d’un cardigan gris clair, qu’elle serrait sur sa poitrine avec un mouchoir blanc dans une main – curieuse impression qu’elle jouait à la gouvernante, qu’elle s’amusait à n’être pas elle-même, semblant dire, « vous savez, c’est un jeu, demain je serai à nouveau moi-même, aussi méchante que vous m’avez connue ». Elle paraît heureusement surprise des retrouvailles, offre les canapés les plus succulents, « goûtez-moi ces œufs à la truffe, ce sont les meilleurs en ville, et ces mini aspics, vous m’en direz des nouvelles », et des coupes de champagne, « du brut, le meilleur ».
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jeudi, 30 octobre 2008
Hommage à Salinas
Découvrir la réinterprétation, la métamorphose de la Recherche en espagnol est également découvrir un artiste merveilleux. Pedro Salinas est un poète de la Génération de 27. Mouvement prônant l’avant-garde, Salinas en est un des chefs de file. Sa poésie « est une aventure vers l’absolu. On arrive plus ou moins proche, on emprunte tel ou tel chemin : c’est tout ». D’une anthologie préparée par Cortazar :
Yo no puedo darte más.
No soy más que lo que soy.
¡Ay, cómo quisiera ser
arena, sol, en estio !
Que te tendieses
Descansada a descansar.
Que me dejaras
Tu cuerpo al marcharte, huella
Tierna, tibia, inolvidable.
Y que contigo se fuese
Sobre ti, mi beso lento :
Color,
Desde la nuca al talón,
Moreno.
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mercredi, 29 octobre 2008
Prosélytisme
Offert Un amor de Swann au moniteur du gymnase. Ce n’est plus l’Argentin madré d’il y a deux ans. Après avoir vu le film Match Point, qui lui a semblé une révélation, il ne se dédie plus qu’à la poursuite des riches héritières. Il en a trouvé une voici un an, une Allemande de 22 ans, trop mince, trop menue, trop blonde, trop souriante, qui avait terminé ses études de droit par un échange Erasme (ah ! la charmante promiscuité des échanges Erasme !) et finit par s’établir en Espagne, entre Ténérife et Madrid.
Le nouvel entraîneur, qui fut présenté comme jeune poulain consciencieux et aimable, possède un teint de peau très pâle, glabre, une belle tignasse de cheveux noirs et bouclés, assez curieux, collectionnant les déboires sentimentaux avec bonhomie, une manière très dégingandée de s’asseoir, jambes larges ouvertes, et fronçant l’espace entre les sourcils quand un thème le tarabuste.
El l’idée d’offrir le livre, aussi, pourquoi pas ? Au moins, entre deux exercices, pouvoir, peut-être, s’entretenir des intermittences du cœur et lamenter le sort du héros.
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mardi, 28 octobre 2008
Rembrandt au Prado
« …elle nous faisait entrer dans la salle à manger, sombre comme l’intérieur d’un Temple asiatique peint par Rembrandt…», c’est à cette phrase de la Recherche plus qu’à toute autre qu’il faut songer en allant admirer la dernière exposition du Prado, consacrée à la peinture religieuse et historique du peintre hollandais.
Le Prado possède un seul tableau du peintre, Artémise. C’est donc l’occasion d’admirer d’autres œuvres, mais surtout de les confronter à certains peintres espagnols et italiens. Apprécier les détails ornementaux, la richesse barbare des robes, des tiares et des tentures, dans ce génial clair-obscur, qui nimbe la facétie des scènes vers la gravité finale, à mesure que l’artiste mûrit. Un des plus beaux portraits de l’exposition, un des derniers, Flora, comme un ultime hommage à la beauté et à la jeunesse, le chapeau posé sur la chevelure, comme en porte-à-faux, jouant à la bergère.

Mais surtout, une autre phrase point, dans la recherche intérieure du peintre, ce retrait où la lumière joue à la luciole
La beauté des images est logée à l'arrière des choses, celle des idées à l'avant. De sorte que la première cesse de nous émerveiller quand on les a atteintes, mais qu'on ne comprend la seconde que quand on les a dépassées.
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