lundi, 19 janvier 2009

Paris

Hormis Bruxelles, les deux autres villes connurent un parcours un peu proustien. En premier lieu, voyage en compagnie de Mère à Paris, aussi cela aura été l’occasion d’un style de visite plus « confortable », comme de déjeuner d’un succulent caneton à la Tour d’Argent – par un temps clair, si clair, la table donnait sur une vue panoramique allant depuis les tours de la Défense au Sacré-Cœur de Montmartre. Charme de contempler le chevet de Notre-Dame et l’île Saint-Louis, et le quai où vécut le père de Gilberte, à une époque où pour Odette de Crécy,

 

elle ne comprenait pas que Swann habitât l’hôtel du quai d’Orléans que, sans oser le lui avouer, elle trouvait indigne de lui.

 

Une table voisine était « ornée » de Russes tapageurs.

 

Ce fut aussi l’occasion de découvrir les arts premiers au Quai Branly, en particulier la section consacrée à l’Océanie, dont certaines œuvres déconcertaient. Il faudra aller le visiter plusieurs fois, afin de mieux le comprendre, et de mieux « ingérer » une trop grande et trop éparse richesse culturelle. Admirer également l’exposition consacrée à Mantegna – mais beaucoup trop de monde - et déambuler dans le Louvre afin d’y goûter les Chardin tant appréciés par le Narrateur

 

Elstir avait pour son compte refait devant le réel le même effort qu’un Chardin ou un Perroneau, et en conséquence, quand il cessait de travailler pour lui-même, il admirait en eux des tentatives du même genre, des sortes de fragments anticipés d’oeuvres de lui. Mais les gens du monde n’ajoutaient pas par la pensée à l’oeuvre d’Elstir cette perspective du Temps qui leur permettait d’aimer ou tout au moins de regarder sans gêne la peinture de Chardin.

 

Enfin, découvrir les pastels du musée d’Orsay, se rendre souvent chez Mariage Frères et se désaltérer, faire ouvrir les grands tonnelets de fer et respirer l’odeur des thés nouveaux, en acheter des quantités ramenées en Ville. Puis, tout simplement, se promener, entrer dans l’une et l’autre boutiques, respirer les parfums sous les arcades du Palais Royal et s’enticher de Bois & Fruits. Mais aucun livre, curieusement. 

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jeudi, 04 décembre 2008

Le trône du chrysanthème II - L'art du Bonseki

Il s’agissait de conserver toujours une certaine magnanimité tandis que s’inaugurait une semaine culturelle japonaise en Ville, de nouveau affublé du titre (du pitre) de maître de cérémonie et arborer un léger sourire tout en contemplant les œuvres commises par les artistes.

Une des manifestations artistiques les plus étranges à découvrir est l’art du Bonseki : l’art de portraiturer des scènes sur un plateau de laque noir, à l’aide de pierres et de neuf types de sable blanc. Les plateaux de laque sont rectangulaires, ovales ou en forme d’éventail ouvert. Les instruments de l’artiste sont remarquables de préciosité : plusieurs sortes de plumes, de minuscules râteaux, tubes, pelles, ils servent à créer des paysages de mer, de montagne ou de forêts.

 

 

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Les chroniques anciennes soutiennent que l’empereur Temmu inventa cette technique afin de pouvoir s’imaginer les jardins et les palais qu’il aimait créer dans sa nouvelle capitale. Les Annales des empereurs du Japon n’en parlent pas, elles se complaisent plutôt à traiter des calamités que subit le règne (il existe un passage similaire dans le Dit du Genji) :

Il y eut un tremblement de terre terrible : les montagnes se fendirent, les rivières débordèrent dans toutes les provinces ; un grand nombre de bâtiments du gouvernement, de magasins impériaux, de temples et de tours s’écroulèrent ; beaucoup d’hommes et d’animaux périrent par ces désastres : les sources chaudes de la province d’Iyo tarirent, une île s’éleva subitement près de la province d’Idzou Plusieurs autres événements extraordinaires arrivèrent sous le de ce Daïri.

Par la suite, les scènes auraient permis de créer les jardins anciens de Kyoto. C’est somme toute un motif plutôt à la Borges, l’idée d’un paysage inventé afin de créer un paysage, diluant le reflet de l’un dans l’autre.

 

 

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Des maisons, des ponts ou des bateaux lilliputiens sont parfois ajoutés au paysage. L’important n’est pas tant le résultat, des scènes somme toute assez banales, mais l’impression de paix qui doit en résulter. Telle était du moins l’impression que donnait une dame vêtue d’un kimono noir, qui créait à l’aide d’une plume d’oie et d’une pelle en ébène une mer recouverte d’îles plantées de sapins. Un simple mouvement brusque et le paysage disparaît.

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lundi, 01 décembre 2008

Après avoir admiré les Antiques

Et s’amuser des évolutions que nous autres, pauvres êtres humains, tentons à contre-courant.

Amours, politiques, ambitions, rien n’est important. Ne jamais se prendre au sérieux afin de ne pas se fourvoyer dans la mesquinerie. Se contenter de lire, de se promener, fredonner un air facile, bavarder en compagnie d’un ami, toujours admirer une jeune fille, lutiner avec légèreté ; de contempler, surtout, sans a priori et sans états d’âme.

Afin de ne pas négliger cette ligne de conduite, ne jamais cesser d’aller admirer des œuvres d’art, tenter d’en être le miroir, d’aller au-delà du contingent.

 

Et toujours redécouvrir la Recherche, dans un constant émerveillement et une désillusion perpétuelle. Combien de lectures de la Recherche ? Une dizaine ? Qu’en reste-t-il à chaque fois ?

 

Le premier contact eut lieu voici bien trop longtemps au large des côtes de Louisiane, durant de longues journées de tornades, quand une succession de cyclones barrait les côtes et que le navire tanguait sur ses ancres sous des nuages réellement noir d’encre. Dès le baiser refusé puis accordé de la mère du narrateur, un soir que sa famille recevait Charles Swann, l’ouvrage est devenu le livre de chevet par excellence.

 

Depuis, lu en Inde, à Bornéo, en Afrique du Sud ; à Londres, à Paris, à Séville et à Lisbonne. Saint-John Perse fut découvert parce que Céleste Albaret le lit à Balbec, et le Dit du Genji, parce que les critiques aime comparer les deux œuvres.

 

 Pourquoi cette fascination pour une telle œuvre ? Parce qu’elle est l’écho de certains sentiments ? car, même si cela en coûte de l’admettre, elle est la quintessence d’une conviction amère, que les admirations et les illusions sont mortelles, éphémères ?

 

Longtemps un maître mot régnait sur l’esprit, mais la perfection n’a plus lieu d’être. Le terme agit comme une évanescence des choses d’antan. Et blablabla. 

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mercredi, 26 novembre 2008

Ne pas oublier les Antiques

Et il faudrait vraiment maintenir cette douce impression de renouer avec les exaltations du passé, de raviver les espérances d’antan, ne plus jamais les perdre. Lesquelles ? Eh bien ces termes, tout simplement, auxquels font écho les gestes antiques et l’impassibilité des têtes de marbre. L’esthétique comme « métaphysique » du beau et de l’harmonie, le beau, le bien et le vrai, contemplation et élévation ; autant de principes sans doute surannés mais qui sont capables de structurer un corps, de le justifier dans les actes quotidiens et de les rendre moins contingents.

 

Aussi, il était plaisant de se retrouver dans un des bars du quartier de La Latina, quelques heures après, sourire encore du souvenir de la visite faite à l’exposition du Prado, et aguicher l’un et l’autre visage. Jeune lieutenant de l’armée de terre sur le visage duquel se plaire à rencontrer des sourcils helléniques ou une inclinaison de tête proche de celle de l’athlète se ceignant du bandeau de la victoire. 

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mardi, 25 novembre 2008

Les Antiques de Dresde au Prado

Un merveilleux « crépuscule » au Prado. Après une douce journée de désoeuvrement, litres de thé et premières pages de la Prisonnière, le rouge du ciel commençait à se mélanger au rouge de la terre : aussi s’aérer et descendre la longue rue piétonnière qui mène vers le musée du Prado tout en fredonnant un morceau de musique de Wim Mertens, Struggle for pleasure, pénétrer par la nouvelle aile avec les derniers visiteurs, et découvrir un délicieux florilège de marbre immaculé dans des salles recouvertes de bleu de Charron ou de vert gris rabattu céladon : se pâmer devant les antiques de l’ancienne collection de Christine de Suède, rachetée lors du décès de la souveraine par le premier roi Bourbon d’Espagne, mêlée à la collection de l’Abertinum, rassemblée sous le règne de Frédéric-Auguste II.

 

L’exposition est présentée de manière classique dans des salles de très belles proportions, comme si elle respirait sous l’empreinte de Winckelman et de son idée du Beau, de la « noble simplicité et calme grandeur » de l’art grec, et cette pureté du blanc. Ne pas oublier son Traité sur la capacité à ressentir le Beau, dédié à Friedrich von Berg. Sur sa mort, Dominique Fernández commit une nouvelle oiseuse. Songer à Canovas, à l’idéal et au sublime. Et s’exalter, tout simplement, faire fi du contingent et du quotidien. L’art sauve, et penser cela entre les vestiges d’une civilisation vouée à la beauté, devient une évidence. Car la beauté était sans doute en soi un axiome pour les artistes qui produisirent et copièrent ces œuvres, faisant miroiter des termes comme sublime, perfection, esthétique, achèvement, harmonie, assurance. Il était par ailleurs surprenant de constater dans les dernières salles de l’exposition, combien même les œuvres tardives, celles du IVe, à cette frontière surprenante entre le païen et le chrétien, combien elles reflétaient encore cette évidence de la beauté.

 

Le parcours était d’ailleurs intéressant, en se rappelant une visite d’une autre exposition faite le jour précédent, au Reina Sofia, qui consacre un espace au critique d’art Carl Einstein, ami de Braque et de Klee, précurseur dans la révélation de l’art nègre grâce à son Negerplastik et dans son appréciation du cubisme.

 

Le cubisme est-il si différent de la statuaire classique?

 

Par le classicisme, l’austérité de leur présentation, les œuvres réunies au Prado sont tout simplement merveilleuses, elles sont surtout connues et donc familières, elles donnent l’impression de se promener en compagnie amicale. 

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jeudi, 13 novembre 2008

Exposition au Palais de Salamanca

Au palais du marquis de Salamanca – Un verre de lait, un citron - Nouvelle exposition à la BBVA, dans l’ancien palais du marquis de Salamanca, sur l’Avenue des Récollets, qui déploie une centaine d’œuvres qu’abrite le monastère de Montserrat, échantillons d’une collection qui s’étend sur cinq cent ans d’art espagnol. La partie la plus intéressante était celle consacrée à la peinture des années 1900, les mêmes peintres, grosso modo, que ceux admirés à l’exposition MAPFRE voici une semaine. Un des tableaux les plus « vibrants » est celui de Feliu Elias. Une nature morte toute simple, austère, peinte peu avant la Première Guerre Mondiale ; coups de pinceaux brefs, droits et juxtaposés ; quelques couleurs organisées autour du bleu violacé de la table, un verre de lait, un citron, un fragment de table recouvert d’un marbre, et un tiroir que l’on devine. La rebord de la table contre le mur ressemble à une ligne d’horizon, et une île, au loin.

 

 

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Egalement, le palais qui abrite l’exposition est délicieusement balzacien. Il appartint à José de Salamanca, personnage de la Comédie humaine, genre Rastignac, car il fut, au large de sa vie, principalement sous le règne d’Isabelle II, successivement avocat, conspirateur, maire, juge, banquier, mécène, directeur de théâtre, chef d’entreprises, ingénieur, agriculteur, ministre, sénateur, député, marquis, comte y Grand d’Espagne. Il montre de grands talents pour la négociation, il obtient le monopole sur le sel et commence à investir à la bourse de Madrid et devient un temps l’homme le plus riche d’Espagne, associé aux Rothschild. Madrid lui doit le quartier élégant qui porte son nom. Une des révolutions qui secouèrent le règne d’Isabelle le chasse dans des conditions rocambolesques. Poursuivi par une foule hostile qui vient de mettre le feu à sa maison, il s'enfuit déguisé en mécanicien après s'être emparé d'une locomotive en gare d'Atocha. Le palais qui porte son nom, d’une façade très élégante, bâti aux alentours de 1850 sur les anciennes terres des marquis de Montealegre (cela donne un beau patronyme en français : Montjoyeux), José de Salamanca, endetté, le vend quelques années plus tard.

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jeudi, 06 novembre 2008

Ritz

Cocktail organisé par Sotheby’s, autres tableaux espagnols de la fin du XIXe, redécouverte des œuvres d’Hermen Anglada Camarasa et de Sorolla. Quelques natures mortes. Une amie se demande comment seraient les fleurs peintes de Mme. de Villeparisis.

Ces fleurs sont d’un rose vraiment céleste, dit Legrandin, je veux dire couleur de ciel rose. Car il y a un rose ciel comme il y a un bleu ciel. Mais, murmura-t-il pour tâcher de n’être entendu que de la marquise, je crois que je penche encore pour le soyeux, pour l’incarnat vivant de la copie que vous en faites. Ah! vous laissez bien loin derrière vous Pisanello et Van Huysun, leur herbier minutieux et mort.

Curieuse impression d’un Titanic première classe. Beaucoup de public, peu se vend, mais on fait comme si et l’on s’amuse à déplorer les pourcentages perdus en agiotages et spéculations. « L’argent ne flue pas, les investisseurs attendent les futures opportunités », affirme l’un, « il faut garder du liquide et profiter des futures aubaines », assène l’autre. Entre-temps, les œuvres se contemplent purement, lucarne sauvegardée, que les gens prisent sans penser les acheter. Revoir des figures connues et aimées. Une boucle d’oreille choit, penser à un haïku :

Exposición de pinturas

Cae un pendiente

Sobre el suelo.

Pourquoi songer à des haïkus ?

07:44 Publié dans En lisant Proust, En Ville, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

mardi, 28 octobre 2008

Rembrandt au Prado

« …elle nous faisait entrer dans la salle à manger, sombre comme l’intérieur d’un Temple asiatique peint par Rembrandt…», c’est à cette phrase de la Recherche plus qu’à toute autre qu’il faut songer en allant admirer la dernière exposition du Prado, consacrée à la peinture religieuse et historique du peintre hollandais.

 

Le Prado possède un seul tableau du peintre, Artémise. C’est donc l’occasion d’admirer d’autres œuvres, mais surtout de les confronter à certains peintres espagnols et italiens. Apprécier les détails ornementaux, la richesse barbare des robes, des tiares et des tentures, dans ce génial clair-obscur, qui nimbe la facétie des scènes vers la gravité finale, à mesure que l’artiste mûrit.  Un des plus beaux portraits de l’exposition, un des derniers, Flora, comme un ultime hommage à la beauté et à la jeunesse, le chapeau posé sur la chevelure, comme en porte-à-faux, jouant à la bergère.

 

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Mais surtout, une autre phrase point, dans la recherche intérieure du peintre, ce retrait où la lumière joue à la luciole

 

La beauté des images est logée à l'arrière des choses, celle des idées à l'avant. De sorte que la première cesse de nous émerveiller quand on les a atteintes, mais qu'on ne comprend la seconde que quand on les a dépassées.

 

 

08:32 Publié dans En lisant Proust, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

mardi, 21 octobre 2008

Espagne 1900

Une exposition qui ne pouvait pas mieux tomber quand on se prend à relire la Recherche à Madrid, celle du nouveau siège de la Fondation MAPFRE, dans un palais de l’avenue des Récollets, ancienne résidence de la duchesse de Medina de las Torres.

L’exposition est merveilleuse, car elle présente l’éventail pictural espagnol au tournant du XIXe siècle. Ne pas se lasser de découvrir les figures déjà connues et appréciées de Joaquin Sorolla et de Ignacio Zuloaga. Mais surtout, apprécier de belles découvertes, comme s’approcher de certains visages hallucinés de Hermen Anglada-Camarasa et de la peinture hiératique de Julio Romero de Torres.

Aussi, grâce aux vacances estivales de Sorolla à la Granja, découvrir une Madame Swann version espagnole se promenant sous les arbres du parc de San Ildefonso.

 

 

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Et Gilberte, dans des Champs-Elysées madrilènes. Images si douces, suaves, splendeur absolue de l'Eté.

 

 

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Mais ce sont surtout deux peintres qui captent l’attention, inconnus jusqu’alors. Hermen Anglada-Camarasa, possède non seulement un nom superbe, mais il est l’auteur d’une œuvre qui fait penser à un Klimt ibérique, un symbolisme qui aurait viré trop facilement au délétère, une manière de peinture à l’émail pour décrire des femmes au teint d’absinthe dans des décors orientaux de mauvais contes de fée. Imaginer une Rachel Quand-du-Seigneur dans une de ses interprétations qui firent se gausser la parentèle de Saint-Loup :

 

 

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Et puis, si intensément « indigène », Julio Romero de Torres, images de patios andalous, de toreros et de jeunes filles en mantille, les cheveux d’un noir de jais, le teint olivâtre. Symbolisme, étude précise des éléments contenus dans le tableau, lumière suave des vêtements et des chairs, attitude artificieuse des personnes portraiturées, paysages dématérialisés, mais surtout, une image de l’Espagnol que l’on retrouve rarement aujourd’hui. Chercher, comme Swann, des personnes vivantes, répliques d’œuvres anciennes. Ces deux jeunes filles andalouses, où les retrouver, où retrouver ces regards anciens ?

 

 

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mercredi, 17 septembre 2008

Ultratensiones y contratiempos

Un ami organise une exposition sur le temps, un thème qui est sa principale passion. Sa première question, au moment d’être présenté fut, « ¿tu connais les clepsydres? », sorte de Sésame ouvre-toi qui lui est personnel.

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Devisant de son projet:

 

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Il est pratiquement impossible de parler du temps sans la sensation qu’il flue chaque fois plus rapide, que, inexorable, il nous échappe. Sans doute est-ce l’une des causes qui rendent difficile une conversation sur le temps. Cela engendre désarroi et inquiétude. Aussi, il s’agit d’étudier et de matérialiser ces conversations en les transformant en objets.

Intrigué par la conquête d'un territoire mystérieux et trop vaste, explorer des dimensions au-delà de l'espace, analyser les pièges du temps à partir d'une prémisse simple : le temps est la transition d'une position à une autre et, dans ce moment de changement, de transformation, une tension se produit.

Objets emprisonnés, déformés, soumis, congelés dans un moment dont ils ne peuvent s’échapper. Sujétions ferrées, tensions qui arrêtent l'élan, caisses paralysées. La manipulation des objets, l'élimination de la force de la gravité, ou la position dominante de l'espace, comme un instantané fugace du temps. Ou une explosion. Ou une bataille perdue.

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